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Les recherches


   Le CDDEJ a pris l'initiative de ces recherches de mémoire en mai 2003 suite au travail similaire effectué à Paris par les associations d'arrondissements du COMEJD (Conseil National pour la Mémoire des Enfants Juifs Déportés). Pour reconstituer les parcours des 288 enfants juifs déportés, dont les noms ont été relevés dans le Mémorial des enfants juifs déportés (Serge Klarsfeld) les bénévoles du CDDEJ ont mené des recherches dans les 4 communes où ils avaient pu être scolarisés : Lyon, Saint-Fons, Décines et Villeurbanne. Ils ont, pour ce faire, pu compter sur le soutien du Rectorat et de l'Inspection académique avant de contacter les chefs d'établissements.

   Dans un premier temps, ils ont exploré systématiquement les archives des écoles qui fonctionnaient avant 1945, mais bien souvent ce sont des papiers en mauvais état ou mal classés qu'ils ont découverts. Leurs difficultés étaient nombreuses : il fallait vérifier des registres sans date et/ou déchirés, déchiffrer des calligraphies anciennes à la plume et ne pas confondre les nombreux homonymes. « La difficulté a été de consulter nom par nom l'intégralité des fiches élèves de 1927 à 1945, de relever les noms à consonance juives (ashkénaze, d'Alsace ou d'Europe de l'Est ou sépharades, d'Afrique du Nord ou du bassin méditerranéen) et de les comparer avec la liste du Mémorial de Serge Klarsfeld (comportant la dernière adresse, date et lieu de naissance, date de déportation...) ».

   Toutes ces recherches ont été émouvantes tant pour les chercheurs que pour les familles. Ainsi, quelques minutes après avoir trouvé les coordonnées de la sœur de Charles Méchally sur une fiche de témoignage de Yad Vashem, le CDDEJ a pu la contacter, et celle-ci a pu lui leur remettre, des années après, la dernière lettre que son frère avait jetée du train de déportation.
   M. Claude Bloch, ancien élève du Lycée La Martinière et ancien déporté survivant est passé par hasard place Carnot le jour de la commémoration de la Shoah. Il remarque avec stupéfaction sa fiche d'élève sur un des panneaux exposés. Il prend immédiatement contact avec la direction du CDDEJ. Il habite en effet toujours à la même adresse qu'en 1944 !

   En réalité, beaucoup d'archives de certains établissements avaient été détruites accidentellement ou volontairement (du fait sans doute de leur mauvais état). Il a donc été nécessaire de chercher des documents complémentaires en consultant les Etats civils des mairies, le fonds documentaire de Montluc et en travaillant de concert avec les documentalistes. Grâce à Internet, et notamment aux sites de l'Institut Yad Vashem et du Mémorial de la Shoah, les bénévoles ont pu collecter des fiches de témoignage, des listes de convoi de déportation, des fiches d'internement du camp de Drancy... L'enquête a continué auprès des membres de familles de disparus, d'anciens camarades de classe et auprès des personnes ayant pu les côtoyer à l'époque. Ces témoins précieux ont pu parfois leur remettre des lettres, des photos ou des documents officiels.

   Les bénévoles ont, selon leurs mots, effectué un « travail de fourmi», « mais le fait de retrouver le long des trois années de recherche des documents concrets sur les enfants déportés nous a donné le sentiment que ce travail n'était pas vain. Chacun s'est au fur et à mesure attribué les bribes d'histoires de ces enfants. L'esprit du CDDEJ était de restituer une place à ces enfants dans l'histoire de leur ville mais également de rassembler et conserver les documents originaux les concernant, leur histoire individuelle nous éclairant sur la grande Histoire. C'est ainsi que chacun des documents a été numérisé et aujourd'hui mis en ligne. »

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